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Placer 15 000 euros... ou cinq millions

Décembre 2011

Quelques idées pour placer 15 000 euros... ou cinq millions

Vous avez un capital à faire fructifier ? C'est une chance mais aussi parfois un casse-tête. Prendre de sages décisions d'investissement suppose avant tout de diversifier son patrimoine pour parer à toute éventualité : les bonnes surprises compenseront les moins bonnes. Mais, surtout, il faut retenir quelques règles de base : tenir compte de son horizon de placement, de son degré d'acceptation du risque et de ses objectifs financiers et familiaux pour les années à venir. Enfin, il convient bien évidemment de prendre conseil auprès de son conseiller bancaire. En attendant, voici quelques suggestions de stratégie selon le capital que vous devez investir.

15 000 euros: privilégier la sécurité.

Si vous possédez un capital de 15 000 euros, il convient de le protéger. Les épargnants à la recherche de sécurité se tourneront donc vers le support de placement le plus incontournable : le livret d'épargne. Ce dernier est accessible aux petits comme gros épargnants, et permet d'assurer une liquidité en toute circonstance. Cap ensuite sur l'un des placements sécuritaires les plus répandus à savoir le support en euros d'un contrat d'assurance-vie. Une fois doté de ce socle - assurance-vie et livret d'épargne -, les épargnants qui souhaitent des revenus complémentaires peuvent aussi se laisser séduire, pour quelques milliers d'euros, par des SCPI (société civile de placement immobilier), notamment celles qui détiennent des bureaux et affichent des rentabilités locatives supérieures à 5 %. Cet investissement pourra être financé en partie à crédit afin de déduire les intérêts d'emprunt des loyers servis par la SCPI, et donc alléger son impôt sur le revenu. Comme l'assurance-vie, il s'agit d'un placement de long terme (8 à 10 ans). Les investisseurs en quête de produits à plus courte échéance se tourneront vers le plan épargne logement. Un PEL ouvert fin 2011 rapportera 2,5 % par an brut - 2,15 % net après prélèvements sociaux (CSG, CRDS...) - pendant dix ans, sans compter la prime d'Etat s'il est utilisé, dans le cadre d'un investissement immobilier, pour obtenir un prêt épargne logement

50 000 euros: le début de diversification.

Si vous le souhaitez, vous pouvez prendre un risque en capital dans l'espoir de booster la performance de vos placements. Si l'essentiel du capital sera toujours judicieusement placé sur le support en euros d'un contrat d'assurance-vie et sur les livrets d'épargne, une partie pourra être orientée vers des sicav et des fonds en actions, afin de profiter de la faiblesse actuelle de la Bourse. Les investisseurs particulièrement réticents à prendre des risques et qui disposent par ailleurs d'une trésorerie mobilisable préféreront un fonds à formule qui sont susceptibles d'offrir une garantie du capital à l'échéance. Attention à choisir un cadre fiscal avantageux : l'assurance-vie multi-support ou le PEA (plan d'épargne en actions) pour les placements en actions européennes. Les particuliers hostiles à la Bourse, ou dont le patrimoine compte peu d'immobilier pourront là encore recourir aux SCPI pour se diversifier davantage dans la pierre.

100 000 euros: une plus grande liberté pour panacher les placements.

Pourvu que l'horizon de placement soit assez long, l'investisseur aura tout intérêt à accroître le profil de risque de son portefeuille. Il en va de la rentabilité de ses placements. Premier axe stratégique : élargir le portefeuille d' OPCVM et ajouter aux fonds actions classiques, des fonds flexibles ou opportunistes qui s'adaptent, par exemple, à la conjoncture des marchés. Les contribuables lourdement imposés auront aussi à cœur d'alléger leur impôt sur le revenu grâce, par exemple, à des SCPI Scellier. Ils pourront également envisager la souscription de FCPI ou de FIP (fonds communs de placement dans l'innovation ou fonds d'investissement de proximité). Ceux-ci permettent de bénéficier d'une réduction d'impôt sur le revenu en investissant dans des PME non cotées en Bourse.

500 000 euros: le début de la gestion sur mesure.

A ce stade, l'investisseur construit son portefeuille à l'aide de conseils personnalisés afin d'assurer une grande réactivité dans la gestion. Le support en euros de l'assurance-vie reste le socle du patrimoine financier pour sa sécurité et la disponibilité de l'épargne. Mais l'investisseur procédera désormais à un savant dosage entre placements « sages » et « offensifs ». Ces derniers comprennent la Bourse, bien sûr, mais aussi les obligations d'entreprises qui versent des revenus réguliers ou encore les FCPI et FIP. En recourant au crédit, un investissement immobilier locatif en direct est envisageable dès lors que l'horizon d'investissement s'y prête. N'oublions pas que les plus-values seront bientôt imposables en cas de revente avant 30 ans.

Un million d'euros: des placements haut de gamme.

Un capital de ce montant incitera certains particuliers à investir massivement dans la pierre. Une stratégie à double tranchant car les revenus locatifs sont lourdement taxés une fois les crédits remboursés. Il est donc conseillé d'étudier l'opportunité d'une SCI, qui facilitera au moins le jour venu la transmission aux enfants. Avec un million d'euros, il est opportun de placer une partie substantielle du capital en Bourse. Le PEA atteindra rapidement son plafond de 132 000 euros. L'assurance-vie sera alors incontournable pour gérer astucieusement le portefeuille boursier qui intègrera à ce stade davantage de valeurs internationales. Attention donc à choisir un contrat haut de gamme très souple avec une riche offre d'OPCVM et un suivi de gestion financière personnalisé. Certains fonds investis en obligations d'entreprises peuvent également être intéressants, grâce aux rendements élevés de ces titres et aux plus-values si la conjoncture économique s'améliore. Attention toutefois : ces fonds restent soumis à un risque de retournement de marché. Dans une optique de diversification, l'investisseur pourra aussi détenir quelques lingots ou pièces d'or, éternelles valeurs refuge.

Cinq million d'euros : l'optimisation fiscale.

Avec un tel montant, la performance est évidemment un objectif central, mais l'optimisation fiscale aussi. Il devient donc intéressant de souscrire un contrat de capitalisation particulièrement attractif au regard de l'impôt de solidarité sur la fortune : seules les sommes versées sont à déclarer et non les plus-values ou les intérêts capitalisés. Ce contrat complètera l'assurance-vie, toujours irremplaçable, pour les avantages fiscaux qu'elle offre en cas de succession. Le Perp permet également d'alléger l'impôt sur le revenu et bénéficie d'un traitement favorable pour l'ISF sous certaines conditions. Le portefeuille boursier devra, lui, être très diversifié sur les actions et les obligations, de façon à ne jamais dépendre seulement des marchés d'actions européens. Pour investir dans des PME non-cotées, il devient possible d'accéder à un FCPR, un fonds de capital risque qui, certes ne donne pas droit comme un FCPI à une réduction d'impôt, mais promet de meilleures performances.

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