Les métiers de la finance
Analystes, traders, gérants,... Les hommes et les femmes de la finance font couler beaucoup d'encre depuis deux ans. Pourtant, leurs métiers respectifs sont souvent mal connus du grand public. Que font-ils vraiment sur les marchés financiers ? Ont-ils autant de pouvoirs que la lecture des journaux le laisse parfois imaginer ?
Ils font tour à tour, et souvent involontairement, parler d'eux. Pourtant on les voit rarement en personne. Peut-être est-ce cette difficulté à mettre un visage sur une fonction qui contribue à entretenir le mythe d'un "marché" tout puissant ? Toujours est-il que les analystes financiers, les gérants et autres traders ont des rôles très précis, distincts les uns des autres, et qu'il est utile de connaître si l'on veut décrypter l'actualité économique.
L'analyste financier, un expert de l'évaluation
La mission première d'un analyste financier est de calculer le juste prix des actifs financiers. A ce titre, la plupart se consacrent à l'évaluation des entreprises cotées en Bourse. Ils scrutent en permanence les comptes des sociétés, la compétitivité de l'entreprise par rapport à ses concurrents, l'évolution du secteur d'activité, etc. Ce travail amène les analystes à rencontrer les dirigeants des entreprises qu'ils suivent et, souvent, à visiter les usines ou les centres de Recherche & Développement. C'est à partir de la connaissance intime de l'entreprise et de sa situation financière que l'analyste procède à une évaluation de sa valeur et de sa capacité à dégager des bénéfices.
Ses conclusions sont consignées dans des études où figurent un "objectif de cours", c'est-à-dire le prix que l'action pourrait atteindre à un horizon déterminé, et une recommandation à l'adresse des investisseurs : acheter le titre, le conserver en portefeuille, le vendre...
Ces études sont régulièrement mises à jour à la lumière des grands événements qui ponctuent la vie de l'entreprise : résultats financiers mais aussi rachat d'une autre entreprise, changement de management, nouvelle stratégie, etc.
Analystes « Buy side » et « sell side »
Cette recherche peut être destinée à l'établissement financier qui emploie l'analyste afin d'aider les gérants (voir plus bas) à sélectionner des actions pour leurs portefeuilles. On parle alors d'analystes « buy-side ». Dans d'autres cas, le travail des analystes est conçu pour être diffusé à l'extérieur, auprès de sociétés clientes en quête de conseils boursiers. On qualifie ces analystes de « sell-side ».
Il existe aussi des analystes «crédit» qui se consacrent aux obligations émises par les entreprises. Ils étudient la solvabilité des sociétés et leur capacité à rembourser leur dette, afin d'évaluer si le prix des obligations (que l'on peut acheter sur les marchés financiers) est attractif.
Pour aller plus loin : Retrouvez la fiche métier sur les analystes Buy Side, Sell Side et Crédit sur le site de l'Agefi
Le gérant de portefeuille, un investisseur
L'information collectée par les analystes financiers est précieuse pour les gérants, c'est-à-dire les personnes chargées d'investir concrètement sur les marchés financiers l'argent confié par leurs clients. Ces derniers peuvent être des épargnants ou des investisseurs institutionnels tels que les compagnies d'assurance, les fonds de pension, les mutuelles...
Le gérant de portefeuilles a en charge la gestion d'un portefeuille de valeurs mobilières ou immobilières d'un Organisme de Placement Collectif ( SIVAV,FCP, OPCI) géré par la Société de Gestion de Portefeuille (SGP) qui l'emploie, ou des portefeuilles des clients (particuliers, institutionnels, entreprises...) de celle-ci. Il a pour rôle d'optimiser ces placements.
Si un gérant pilote une Sicav "actions françaises", il doit sélectionner les valeurs dont le potentiel de hausse semble le plus important. La recherche faite par les analystes le guide dans son choix même si, très souvent, il cherche aussi à se forger sa propre opinion, notamment en échangeant avec les dirigeants des entreprises. Le principe est le même pour le gérant d'une Sicav obligataire qui essaye de sélectionner les obligations qui présentent le meilleur potentiel.
Il agit soit pour le compte de son établissement pour lequel il gère des fonds (actions, obligations, SICAV, FCP...), soit directement pour le compte de client. Il effectue dans ce cas de la gestion directe lorsqu'il est mandaté, mais propose aussi des conseils en termes de placements.
Quoiqu'il en soit le gérant se doit d'adopter la stratégie la plus en adéquation avec les souhaits du client. Généralement, le travail de ces gérants est très encadré , notamment, s'agissant des OPCVM, par les règles de division des risques imposées par l'Autorité des Marchés Financiers et grâce aux contrôles permanent du respect de ceux-ci effectué par le Dépositaire et les services de contrôle interne propres à la Société de Gestion de Patrimoine.
Pour en savoir plus, consultez la fiche métier sur le site du Centre de Formation de la Profession Bancaire.
Les traders, ceux qui passent les ordres
Mais que font alors les "traders", ou opérateurs de marchés, que l'on accuse parfois aussi de spéculer et d'engranger de fabuleux "bonus" ? Ils sont chargés, pour leur part, de prendre des "positions", c'est à dire d'acheter et de vendre des actifs financiers (là encore des titres, des devises, des matières premières...). Installés dans les salles de marché des établissements financiers, ce sont eux qui passent les ordres en bourse, influant par là-même sur les prix de transactions. Des prix qui changent sans cesse en fonction de l'offre et de la demande, des perspectives de gains ou de pertes sur ces actifs (ce qui exige d'anticiper l'évolution des marchés), de l'évaluation des risques, etc.
Or, toutes ces données changent chaque seconde à mesure que les informations venues des quatre coins de la planète défilent sur les écrans des traders. En prise directe avec les marchés, les traders sont eux aussi chargés d'investir à court terme sur tel ou tel actif, en pariant sur sa hausse ou sa baisse. Ils réalisent ces opérations pour le compte de leur propre banque ou pour le compte des clients de la banque. Dans tous les cas, les sommes qu'ils peuvent engager sur les marchés sont strictement encadrées.
Pour en savoir plus, consultez la fiche métier sur le site du Centre de Formation de la Profession Bancaire.
Pour le bénéfice des clients
Les particuliers, clients de Barclays en France, peuvent bénéficier pleinement du travail des experts financiers de la banque au travers du service Barclays Bourse Conseils. Accessible à tous les clients Barclays détenteurs d'un portefeuille titres d'un montant minimum de 50 000 euros, Barclays Bourse Conseils est un service de Conseil en Investissement qui a pour ambition de vous offrir toute la palette d'outils et de services vous permettant de profiter des opportunités offertes par le marché tout en prenant vous même les décisions de gestion.
Les hedge funds (ou fonds alternatifs), pour un public averti
Certains gérants travaillent davantage sur le court terme. C'est le cas en particulier dans le cadre des « hedge funds » (ou « fonds alternatifs »). Les hedge funds (ou fonds alternatifs) sont des organismes de gestion collective, fonctionnant sur le même principe que les OPCVM ou Mutual funds américains, mais spécialisés dans l'application de stratégies alternatives. Le métier des hedge funds est très technique et spécialisé, pratiqué généralement par des gérants expérimentés et indépendants, dont la fortune personnelle est souvent pour partie engagée dans le fonds. Ils sont libres d'investir sur des titres dont ils attendent une hausse en Bourse, mais aussi de parier sur la baisse des actions qu'ils jugent surévaluées. Pour cela, ils utilisent des outils financiers souvent très sophistiqués. Ils spéculent aussi bien sur les devises (en jouant la hausse du dollar et la baisse de l'euro, par exemple), que sur les actions, les obligations, les matières premières, etc. Leur méthodes d'investissement sont beaucoup moins encadrées que celles des gérants classiques. Ils peuvent notamment avoir recours à l'endettement pour accroître le rendement des capitaux investis. Or, la contrepartie de ce rendement plus élevé est une prise de risque beaucoup plus forte. De ce fait, ils sont réservés à un public averti, souvent des institutionnels.
Les articles de la Newsletter 2010
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- Interview de Jean-Patrice Prudhomme
- Les métiers de la finance
- Impôt sur le revenu
- Déclaration d'ISF 2010
- Crise grecque:des raisons d'espérer?
- Evolution des taux de change
- Réveillez vos placements
- Les niches fiscales sur la sellette
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