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Petite histoire des bourses

L'histoire des bourses présente deux facettes. La première, liée à la révolution technologique, a conduit à la dématérialisation des titres, l'introduction de plateformes électroniques et l'internationalisation des échanges. En clair, un profond bouleversement. En même temps, les principes sur lesquelles reposent les marchés boursiers restent étonnamment stables depuis la création du premier marché européen il y a cinq cents ans.
 

La première bourse européenne a vu le jour à Anvers en 1531. A l'époque, l'objectif est de concentrer dans un même lieu les échanges d'effets de commerce, de lettres de change ou encore d'engagements de livraisons de marchandises. Ainsi, dès leur origine, les marchés financiers, où se côtoient essentiellement des marchands et des banquiers, sont l'endroit où se confrontent de manière organisée l'offre et la demande d'actifs. Grâce au dynamisme des échanges commerciaux entre le nord et le sud de l'Europe, la bourse d'Anvers restera le centre financier le plus important en Europe jusqu'à la fin du XVIème siècle. Cette ouverture internationale constitue l'une des principales caractéristiques inscrites dans le code génétique des marchés financiers.
 

Des premières actions vendues au public...

En 1602, la création de la Compagnie hollandaise des Indes Orientales marque une nouvelle étape dans l'histoire des marchés financiers. Il s'agit en effet de la première société financée par la vente d'actions au public. Ces actions seront ensuite échangées entre particuliers à un prix déterminé par l'offre et la demande. Quatre siècles plus tard, ce même principe continue d'animer les marchés boursiers.
 

Au cours des siècles, des bourses locales se sont créées dans les grandes villes des principaux pays. Mais peu à peu, elles ont été supplantées par des bourses nationales, installées dans les capitales économiques : New York, Paris, Londres, Francfort, Amsterdam, Bruxelles...
 

... à la dématérialisation des titres

Les titres en papier autrefois remis aux porteurs, qui représentaient physiquement les actions et les obligations, ont progressivement disparu au profit d'une simple inscription par un établissement financier sur un compte-titres. Cette dématérialisation a été suivie par celle des ordres d'achat ou de vente.
 

Ainsi, grâce aux progrès technologiques, les marchés financiers prennent aujourd'hui la forme de réseaux informatiques entre institutions financières. L'offre et la demande ne sont plus confrontées « à la criée » autour de « la corbeille », mais sur les ordinateurs des traders. Et chaque épargnant peut aujourd'hui, par l'intermédiaire du site internet de son courtier, suivre en temps réel l'évolution des cours et passer ses ordres d'achat ou de vente. Comme un professionnel en somme...
 

Si le fonctionnement des marchés a connu une véritable révolution, les principes qui les régissent paraissent au contraire très stables à travers les époques. En effet, depuis l'origine, l'histoire des Bourses tend vers la création d'un marché de plus en plus « efficient », c'est-à-dire où les cours des titres reflèteraient, à tout moment, toute l'information disponible. Cette efficience des marchés dépend de plusieurs critères.
 

En premier lieu, tous les acteurs doivent avoir un accès égal à l'information. Cela signifie que les personnes qui ont des informations privilégiées ne doivent pas pouvoir influencer le cours des titres. D'où toute la législation qui s'est mise en place concernant les délits d'initiés. En même temps, les prix doivent s'ajuster rapidement, ce qui implique des coûts faibles pour les transactions (achat ou vente) et une grande rapidité d'exécution des ordres. Cette exigence a incité les grands opérateurs boursiers à consentir d'importants investissements ces dernières années pour améliorer l'efficacité et la rapidité de leurs plateformes de négociation.
 

Le marché doit aussi être liquide car l'information est mieux intégrée au cours du titre s'il est souvent acheté et vendu. Un titre peu négocié reflète avec retard l'information disponible. Enfin, les marchés ne peuvent être efficients que si les investisseurs sont rationnels, c'est-à-dire s'ils réagissent de manière cohérente aux informations qu'ils reçoivent. Un vaste débat que nous n'aborderons pas ici...

 
 

D'où vient le mot « Bourse » ?

Au XIVème siècle, les banquiers et marchands de Bruges avaient pris l'habitude de se rencontrer devant l'hôtel particulier de la famille « Ter Beurse » (« de la Bourse » en wallon), qui abritait alors les représentations consulaires de Venise et de Florence. C'est ainsi que le nom Bourse fut ensuite donné au lieu où les banquiers de l'époque s'échangeaient les créances et les titres.

Wall Street, la rue du mur

L'origine du nom Wall Street remonte à 1626. Une tribu indienne cède alors pour presque rien le sud de l'île de Manhattan au gouverneur de la Nouvelle Amsterdam. Une colonie de plusieurs centaines de personnes s'y développe. Mais la cohabitation entre les divers habitants de Manhattan est délicate et le nouveau gouverneur fait ériger en 1653 une palissade de bois de quatre mètres de haut pour protéger les colons à l'emplacement de ce qui deviendra Wall Street (la « rue du mur »). La palissade fut en effet détruite en 1699 lors de l'annexion de Manhattan par les Anglais.

La Bourse en France

La première bourse en France voit le jour à Lyon autour de 1540. Ce sont essentiellement des effets de commerce et de l'escompte qui font le succès de cette bourse, concurrente de celle d'Anvers. A l'époque chaque seigneur frappait sa propre monnaie, d'où l'importance accordée aux opérations de change.

Ce n'est qu'en 1724 que la Bourse de Paris est créé par décret royal. Les agents de change obtiennent le monopole des négociations et sont rassemblés rue Vivienne, dans ce qui deviendra le quartier de la Bourse. En 1808, un grand concours est lancé pour bâtir un monument destiné à recevoir les échanges. Le projet de l'architecte Brongniart est retenu. Achevé en 1826, le Palais Brongniart a accueilli la Bourse de Paris pendant plus de 150 ans avant de laisser la place à un système informatisé. A noter, la bourse a longtemps été un univers exclusivement masculin. Les femmes n'ont en effet eu le droit de pénétrer dans le Palais Brongniart qu'en 1967.

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