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L'essentiel de l'assurance vie

L'assurance-vie est souvent présentée comme le "placement préféré des Français". Et pour cause, ces derniers y ont investi près de 1 380 milliards d'euros ! Il est vrai que les possibilités qu'offre ce support sont extrêmement diverses, d'autant qu'il bénéficie d'un régime fiscal sans équivalent malgré les ajustements intervenus ces dernières années. Certains épargnants vont privilégier la sécurité des fonds euros. D'autres sont avant tout attirés par sa fiscalité avantageuse. D'autres encore sont à la recherche d'une solution pour alléger les droits de succession. L'assurance-vie permet tout cela à la fois, et bien plus encore.

Risque et rendement : une grande flexibilité

La réputation de souplesse et de polyvalence de l'assurance-vie est loin d'être usurpée. Qu'il s'agisse d'épargner pour financer les études des enfants, de faire fructifier un capital en limitant les frottements fiscaux ou encore de préparer sa retraite, l'assurance-vie, produit d'épargne de longue durée, conjugue de nombreux atouts tout en offrant une flexibilité sans équivalent en matière de risque et de rendement.

Choisir une sécurité maximale...

Le souscripteur est en effet totalement libre de sa stratégie. Il peut, s'il le souhaite, faire le choix d'une sécurité maximale en optant pour le support dit "en euros", appelé aussi "fonds euros"ou "fonds garanti", proposé dans presque tous les contrats. Ce fonds est géré par l'assureur sur différents actifs de façon à dégager une rentabilité régulière. Il inclut généralement beaucoup d'obligations mais aussi des actions, de l'immobilier¿ Ainsi, chaque année, la compagnie d'assurance peut à son tour rémunérer le placement des souscripteurs en leur versant des intérêts. Leur montant dépend des gains obtenus grâce à cette gestion financière prudente. Le support en euros est néanmoins sans risque car le capital versé par l'épargnant est garanti à tout moment par l'assureur : quelle que soit l'évolution des marchés, ce dernier s'engage à restituer au moins son capital au souscripteur qui souhaite récupérer son placement. Mieux, les intérêts versés chaque année s'ajoutent au capital et bénéficient donc eux-mêmes dès l'année suivante de cette garantie.

...ou opter pour une gestion à la carte

L'épargnant peut toutefois souhaiter prendre davantage de risques pour tenter d'obtenir un rendement plus élevé. Là encore, libre à lui puisque les contrats d'assurance-vie sont le plus souvent "multi-supports", c'est-à-dire qu'ils accueillent aussi d'autres supports d'investissement, les "Unités de Compte", sur lesquels l'épargnant peut répartir son épargne à sa guise. Il s'agit en général de Sicav ou de Fonds communs de placement (FCP) de tous horizons : Sicav action, obligataires, monétaires, etc. Il est ainsi possible de piloter dans un contrat d'assurance-vie un portefeuille très diversifié, y compris à l'international, par exemple sur les actions américaines ou les pays émergents. L'assurance vie complète alors judicieusement le PEA (plan d'épargne en actions), placement lui aussi doté d'une fiscalité enviable, mais réservé aux actions européennes. Les souscripteurs qui ne souhaitent pas gérer eux-mêmes leur portefeuille n'y sont nullement contraints : dans un contrat d'assurance vie, il est possible de déléguer la gestion à un professionnel, en lui confiant un mandat.

Profiter d'une fiscalité allégée

Quelles que soient les options de gestion choisies, avec l'assurance-vie, la patience s'avère payante. L'assurance-vie est en effet soumise à un régime fiscal particulièrement avantageux dès lors qu'on accepte un horizon de long terme. Si l'épargnant attend huit ans avant de puiser dans son contrat, les gains réalisés bénéficieront d'un abattement de 4 600 euros par an pour un célibataire et de 9 200 euros pour un couple marié. Seule la partie qui dépasse ces montants est donc réellement fiscalisée : soit à l'impôt sur le revenu, soit à un prélèvement forfaitaire au taux très avantageux de 7,5 % si le souscripteur le préfère. Difficile de faire mieux dans le paysage actuel de l'épargne.

Et si le contrat a été souscrit depuis moins de huit ans ? En cas de retrait au cours des quatre premières années, les gains sont soumis à l'impôt sur le revenu ou, au choix, à un prélèvement forfaitaire de 35 %. Entre la quatrième et la huitième année, ce taux forfaitaire tombe à 15 %.

Dans tous les cas, et quelle que soit l'ancienneté du contrat, le souscripteur supportera aussi les prélèvements sociaux (CSG, CRDS¿), auxquels très peu de placements échappent et dont le taux atteindra 15,5 % au 1er juillet prochain*.

A noter : si le souscripteur le souhaite, il peut aussi utiliser le capital accumulé sur son contrat pour obtenir une rente viagère. Celle-ci est soumise à l'impôt sur le revenu pour une partie de son montant qui varie selon l'âge du rentier à la mise en place de la rente. Si c'est avant ses 50 ans, 70 % du montant perçu est fiscalisé ; de 50 à 59 ans, c'est 50 % de la rente ; de 60 à 9 ans, 40 % et au-delà de 70 ans, 30 %.

Des droits de succession allégés

L'assurance-vie présente en outre des avantages considérables en cas de succession. L'épargnant peut, en effet, désigner les bénéficiaires du capital à son décès. Chaque bénéficiaire aura alors droit à un abattement de 152 500 euros sur ce qui lui revient, dès lors que les sommes ont été versées sur le contrat par le souscripteur avant 70 ans. Seul le reliquat sera taxé à 20 %, voire 25 % au- delà de certains montants. Les sommes versées après 70 ans sont soumises aux droits de succession au delà d'un abattement de 30 500 euros à partager entre tous les bénéficiaires. Mais tous les gains générés par le placement échappent à cette taxation. Enfin, le conjoint est totalement exonéré dans tous les cas. Dans de nombreuses situations patrimoniales, il est judicieux de compléter l'assurance vie par un contrat de capitalisation. Ce produit d'épargne, lui aussi en général multisupports, est certes soumis aux droits de succession. Mais il n'est pas fermé au décès du souscripteur. Il sera transmis tel quel aux héritiers, en conservant son antériorité fiscale (sa date initiale d'ouverture) : un avantage car sur ce placement également, les gains sont partiellement exonérés d'impôt sur le revenu 8 ans après la souscription. De plus, la capitalisation du contrat n'entre pas dans la base taxable à l'ISF.

Des versements et retraits libres

Enfin, il est important de rappeler que les versements sont entièrement libres sur la grande majorité des contrats d'assurance-vie. Chacun investit ce qu'il souhaite, quand il le souhaite, à la seule condition de respecter les montants minimum prévus par le contrat. La plupart des contrats permettent notamment de mettre en place des versements libres programmés, pour se constituer une épargne à son rythme.

Rien n'interdit, en outre, de détenir plusieurs contrats chez plusieurs assureurs, et d'y répartir ses investissements. Aucun plafond n'est fixé. De la même manière, les retraits sont également autorisés à tout moment, et presque toujours sans pénalité. Les sommes investies restent donc entièrement disponibles.

* Sur les supports en euros, les prélèvements sociaux sont déduits directement par l'assureur chaque année lorsqu'il verse les intérêts sur le contrat. En revanche, ils ne s'appliquent aux plus-values réalisées sur les sicav et FCP que lors d'un retrait ou au décès du souscripteur.


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