Le coût des études
Enfants : le vrai prix de la réussite universitaire
Ecoles prestigieuses, séjours à l'étranger... Les parents rêvent pour leurs enfants des plus beaux diplômes, du CV le plus éblouissant. Mais ils sous-estiment parfois (souvent) l'effort financier à consentir pour atteindre leur objectif. Les frais de scolarité, mais aussi le logement, ou les dépenses quotidiennes font en effet vite grimper le budget étudiant. Quelques ficelles pour mieux préparer cette étape.
Ils sont déjà au collège, ou même au lycée, et vous voyez approcher le moment où ils franchiront les portes de l'université, ou de cette grande école que vous songez à leur conseiller ? Mais savez-vous à combien s'élève l'investissement financier que cela supposera le moment venu ? Quelques centaines d'euros par mois ? Quelques milliers d'euros ?
Le premier studio
Si les enfants doivent quitter la maison familiale pour poursuivre leurs études, leur assurer un toit peut constituer un premier budget très onéreux : en moyenne autour de 650 euros par mois pour un studio à Paris, la ville la plus chère de France selon le baromètre 2011 de location-étudiant.fr....ou 390 euros dans des villes de province plus accessibles. Même si beaucoup d'étudiants cherchent à faire des économies en se tournant vers la colocation, leur premier logement représente en moyenne plus de la moitié de leur budget global, selon la Fédération des associations générales étudiantes. Viendront ensuite les dépenses de la vie quotidienne : repas, transports, loisirs, assurance pour le logement, électricité, téléphone...
Des universités accessibles
Le coût des études lui-même ? Cette année, un étudiant qui s'inscrivait pour la première fois l'université a dû débourser 177 euros. C'est le tarif fixé par l'Etat jusqu'en licence. Il faut ensuite compter 245 euros pour les diplômes conduisant au grade de master ou 584 euros pour le diplôme d'ingénieur (Insa par exemple, ou Centrale Paris). Une inscription en doctorat, elle, coûte 372 euros. Sans oublier les 203 euros de rigueur pour la Sécurité Sociale étudiante au-delà de 20 ans.
Un cursus dans une école privée ou une grande école sera sensiblement plus cher. Les frais de scolarité dans une école de commerce oscillent entre 8 000 et 25 000 euros par an. Au total, pour la formation Grande école à l'Essec, par exemple, le budget oscille sur trois ans entre 30 000 et 40 000 euros. A raison de 11 900 euros par an, il faut aussi compter plus de 35 000 euros pour HEC. Réussir à Sciences Po coûte désormais jusqu'à 9 000 euros par an (13 000 euros en master). Les écoles privées d'ingénieurs sont souvent un peu moins chères, jusqu'à 6 500 euros par an, parfois un peu plus. Mais aussi parfois moins : une école comme Supélec, gérée par une association privée, ne coûte que 1 000 euros par an environ.
Mais il existe aussi des écoles qui paient leurs élèves pour venir étudier ! Et non les moindres. L'ENA les rémunère ainsi environ 1 400 euros par mois et l'Ecole Normale Supérieure près de 1 500 euros. En échange, les bénéficiaires s'engagent à servir l'Etat pendant un certain nombre d'années (10 ans pour l'ENA et l'ENS). Polytechnique rémunère également ses étudiants mais, secret militaire oblige, ne divulgue pas le montant de la solde.
Un an à l'étranger ?
Avoir étudié à l'étranger est aussi un atout formidable sur un CV... Mais offrir cette chance à ses enfants n'est pas forcément à la portée de toutes les bourses. Une année d'étude dans une université américaine (l'une des destinations les plus prestigieuses et l'une des plus onéreuses) coûte à un jeune diplômé français, entre 4 000 et 35 000 dollars (2 900 à 25 000 euros environ), selon les établissements, d'après une étude du ministère des affaires étrangères. Le spectre est donc très large.
Comment financer de telles dépenses ? Outre les bourses de l'Etat, attribuées en fonction de critères sociaux, certaines grandes écoles accordent des aides aux étudiants aux ressources modestes pour couvrir une partie des frais de scolarité. Les bourses Erasmus (environ 250 euros par mois) prennent en charge une partie des frais entraînés par des études dans un autre pays de l'Union européenne. Les bourses de mobilité internationale dispensées par l'Etat français sont précieuses pour des départs vers de plus lointaines destinations, etc.
L'immobilier ...
Mais cela ne suffit pas toujours. D'autant que les critères de revenus à remplir pour profiter de ces aides ne permettent pas à toutes les familles d'en profiter. Les parents doivent donc apporter leur contribution. Certains songent même très tôt à préparer financièrement l'échéance. Par exemple, en faisant le choix d'investir dans l'immobilier locatif. Les premières années, le loyer rembourse en partie le crédit utilisé pour l'achat, ce qui est fiscalement attrayant (les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus locatifs). Le moment venu , si l'on s'est bien organisé, le crédit est remboursé - le logement devient celui de l'étudiant ou, s'il est loué, procure des revenus complémentaires pour financer les fameuses études.
... ou l'assurance vie ?
D'autres familles optent pour l'assurance-vie et son régime fiscal attrayant après 8 ans (exonération d'impôt, hors prélèvements sociaux, à condition de limiter ses retraits à 4 600 euros d'intérêt ou de plus values par an, le double pour un couple marié). Cela permet d'épargner au fil de l'eau tout en conservant un capital disponible. Avec au choix un placement sécuritaire sur le support en euros garantis ou une stratégie plus offensive à long terme sur les supports en actions proposés dans le contrat. Les assurances-vie dédiées à la préparation des études des enfants prévoient même parfois en plus une assurance décès. Elle garantit aux parents que, s'ils ne peuvent plus faire les versements réguliers prévus sur le contrat, l'assureur prend le relais : le capital désiré sera ainsi bel et bien disponible pour l'enfant lorsqu'il démarrera ses études, même si le souscripteur du contrat a disparu.
Et pourquoi pas le PEL ?
Enfin, si l'horizon de placement est plus court - il ne vous reste que quelques années avant de voir les enfants réussir leur bac -, un PEL (plan épargne logement) à 2,50 % par an est aussi une solution pour faire des économies progressivement et accumuler un capital qui sera disponible sans impôt (mais les intérêts sont soumis aux prélèvements sociaux) dans seulement quatre ans.




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